Bort les Orgues et le petit train de Riom-es-montagne avec Châteaumeillant Nature
Nous étions 48 sur le champ de foire de Châteaumeillant à 6h30 ce 10 septembre, à attendre le car pour notre voyage corrézien, 48 personnes un peu inquiètes des appels au blocage lancés sur les réseaux sociaux. Mais tout c’est bien passé et nous sommes arrivés sans encombre à Bort les Orgues en passant sur le barrage.
Arrivés devant le musée du cuir et de la tannerie après trois heures de route, un petit café et quelques gâteaux s’imposaient avant la visite du musée ; au loin les orgues basaltiques de Bort.
Le musée est installé dans une tannerie qui fut en activité de 1880 à 1991. Située au bord de la Dordogne, dont elle utilisait les eaux et dans une région d’élevage où elle s’approvisionnait en peaux, elle a compté jusqu’à 600 ouvriers dans les années 60. Elle a ensuite connu un déclin dû à la concurrence du cuir par les matières plastiques et par les importations provenant des pays asiatiques. Finalement, elle a dû fermer à cause de la mise en place des normes anti-pollution.
Notre guide va nous présenter tout le processus de fabrication dans cette usine dont toutes les machines sont parfaitement entretenues.
Notre guide nous raconte : ici étaient réceptionnées les peaux juste salées et séchées, ce n’était pas très ragoutant ! La tannerie traite uniquement des peaux de bovins (y compris le buffle). Les premières étapes sont les mêmes que pour la fabrication du parchemin (atelier du parcheminier) mais ici le cadre est industriel : trempage dans la chaux pour l’élimination des poils puis élimination des chairs.
Mais ensuite le processus diffère : les peaux étaient traditionnellement tannées par trempage dans un bain de tannin végétal (4 à 18 mois). Mais, depuis les années 1910-20 le tannage est fait par voie chimique dans un bain de sel de chrome pendant 24h. Celui-ci donne une couleur bleutée à la peau. Le gain de temps est donc considérable et le tannage traditionnel a été abandonné mais on s’est aperçu plus tard que les sels de chrome sont très toxiques.
Après triage les peaux peuvent être refendues dans l’épaisseur, séparant la fleur (côté externe) de la croute (côté chair), chacune ayant son utilisation spécifique, mais la croûte ne bénéficiera pas de l’appellation « cuir ».
Ensuite, les peaux peuvent être teintées et nourries en leur faisant absorber des matières grasses pour les assouplir avant d’être séchées. Les peaux doivent encore être assouplies mécaniquement : on frappe pour écarter les fibres, mais attention aux doigts, les accidents sont nombreux.
Le cuir peut être pigmenté, l’aspect de surface peut être modifié. Ici tous les stratagèmes sont utilisés pour faire croire à une peau de qualité supérieure à ce qu’elle est en réalité ; c’est le domaine des imitations : daim, serpent … mais ce ne sont que des peaux de bovin ! De même une « peau de chamois » est une peau de bovin chamoisée, c'est-à-dire poncée sur ses deux faces !
Toutes les chutes étaient récupérées pour faire du patchwork ou pour faire du rembourrage et les effluents étaient rejetés à la Dordogne qui changeait de couleur au gré des bains de teinture !
Ce fut une visite très intéressante… et maintenant on passe à la boutique !
Nous voilà à midi, juste à temps pour un bon petit repas dans un restaurant de Bort les Orgues, au bord de la Dordogne, l’occasion de goûter la truffade.
L’après-midi, nous partons pour Riom-es-Montagne et son train touristique « Gentiane Express ». Nous ferons une virée en autorail jusqu’à Lugarde passant par la gare de Condat St Amandin. De nombreux ouvrages d’art ont dû être construits sur cette courte ligne au profil accidenté : tunnels, viaduc, en particulier celui de Barajol.
Pour nous, c’est l’occasion d’admirer les paysages du haut Cantal, ancien volcan qui nous a laissé une série de sommets dont le Puy Marie et le Plomb du Cantal.
Tout le voyage est commenté avec beaucoup d’humour par le guide de l’association de bénévoles qui gère maintenant la ligne.
Le retour vers Riom-es-montagne se fait en car pour une visite de l’Espace Avèze.
Avèze, c’est la gentiane : des racines de gentiane sauvage sont arrachées à la montagne avec la « fourche du diable » et mises à macérer dans l’alcool pour en extraire le précieux jus amer aux propriétés toniques. On décline en faisant varier le taux de sucre et le taux d’alcool. Une petite dégustation permet d’apprécier.
Mais Riom-es-montagne c’est aussi le fromage avec le Cantal et le Bleu d’Auvergne ; la fromagerie est tout à côté. Certains y feront un petit tour.
Toute cette journée s’est déroulée par un beau temps. La pluie a attendu la nuit, alors que nous étions dans le car, pour faire son apparition.
Encore une belle balade bien intéressante avec Châteaumeillant Nature.