A Bouges et à Levroux mais en passant par l’atelier du parcheminier

Publié le par chateaumeillant-nature.over-blog.com

Nous étions 25 personnes pour cette sortie le 5 aout au château de Bouges et à Levroux avec Châteaumeillant Nature. Un minibus et cinq voitures et nous voilà partis !

Nous arrivons à Bouges, élégant château du 18ème siècle construit par Charles François Leblanc de Marnaval, maître de forges à Clavières , pour satisfaire à ses goûts de luxe. Le château rappelle un peu le petit Trianon. Mais, Leblanc de Marnaval ruiné revend le château  en  1779. Après être passé en différentes mains (dont celles de Talleyrand), il échoit en 1917 à Henri et Renée Viguier.Il est directeur du BHV, elle est issue d’une riche famille de drapiers. C’est à eux que l’on doit la décoration intérieure du château actuel. Après eux, le château reviendra à l’Etat.

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Le château, avec ses 58 pièces, évoque le luxe et le confort avec ses grandes fenêtres ou sa collection de lustres de Murano ou de Baccarat. Il est meublé dans le style fin 18ème par des pièces chinées par Mme Viguier en recherchant spécialement les pièces curieuses.

Et des pièces curieuses, on en trouve : dans le bureau le fauteuil « queue de pie » qui permet aux messieurs de laisser passer les pans de leur costume ; dans la salle de jeu un reposoir pur permettre aux dames de suivre le jeu sans y participer ; dans le séjour, une chaise avec chevalet orientable pour que Monsieur puisse peindre avec tout le confort même si la lumière change ; dans la bibliothèque, un tabouret à transformation ; dans un bureau, une table à tiroirs traversant pour le paiement des fermages (favorable aux dessous de table !) ; dans la chambre, un semainier révolutionnaire à 10 tiroirs adapté aux décades qui ont remplacé les semaines… On trouve plein de curiosités, mais aussi des meubles de luxe tel le secrétaire de Necker.

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L’hygiène est très développée pour l’époque avec salle d’eau et toilettes attenantes, à chaque chambre principale et toujours quelques objets curieux : bidet en argent de voyage ou celui pour la chambre d’invité.

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A noter , la « chambre aux perroquet » qui fut celle d’Hubert d’Ornano lorsqu’il était enfant et pour laquelle il a toujours gardé une affection particulière, la faisant restaurer à ses frais même quand le château appartenait à l’Etat.

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Mme Viguier aimant particulièrement les fleurs, la décoration intérieure sera essentiellement florale. Elle créera le jardin de fleurs et les serres.

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Henri Viguier était passionné de chevaux et de chasse, nous retrouverons les écuries, la collection de voitures.

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Nous aurions pu rester beaucoup plus longuement, notamment pour visiter le parc mais il est temps de nous rendre à Rouvres les bois où, au Café des Sports nous est servi  un excellent repas !

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Maintenant, direction Levroux pour retrouver l'atelier de parcheminier de Jean-Charles Bavouzet.

Jean-Charles Bavouzet nous reçoit dans son atelier de parcheminier. Son père était parcheminier, son grand-père était parcheminier, il leur a succédé dans l’atelier où il perpétue maintenant la tradition familiale à Levroux. Cependant, son vrai métier, c’est la musique en temps que  contrebassiste notamment au sein du groupe  Am Ketenes.

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Au milieu de la champagne berrichonne qui autrefois était parcourue de troupeaux de moutons, dans une région où les eaux sont très calcaires, Levroux a une vraie tradition de travail des peaux. Il y avait encore une trentaine de mégisseries dans les années 1960, il n’en reste que deux et il est le seul parcheminier.

Le début de l’utilisation du parchemin est daté du 2ème siècle av. JC à Pergame. Il s’agissait alors de répondre à un embargo égyptien sur le papyrus.

Le parchemin connait son heure de gloire au moyen-âge avant d’être remplacé par le papier, à partir du 12ème siècle, pour l’écriture. Au moyen-âge également, le parchemin a été utilisé en remplacement des vitres ; pour cela le parchemin était moins étiré de façon à rester translucide.

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Mais il existe d’autres utilisations du parchemin, certaines ne nécessitent que des parchemins de qualité moyenne (pour couvrir les pots de confiture ou pour des étiquettes par exemple). Dans les années 1960, le parchemin a été remplacé par le plastique pour ces applications. D’autres applications sont beaucoup plus techniques : reliure, valise, revêtement de table… et relèvent du domaine de l’art ou du luxe. Ces applications perdurent. Ainsi la maison Bodin-Joyeux de Levroux livre 60 000 peaux par an à Chanel !

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La principale qualité du parchemin est sa  grande résistance mécanique obtenue grâce à l’orientation de toutes les fibres de la peau. A cause de cela, le parchemin est également un matériau à mémoire de forme. Le parchemin peut même résister à des incendies !

Mais comment fabrique-t-on un parchemin ? Jean-Charles nous montre.

Tous les types de peaux peuvent être utilisés mais les plus courantes sont les peaux de mouton et de chèvre ; la démonstration se fera sur une peau de chèvre.

Les premières étapes sont identiques à celles de la préparation du cuir, mais ensuite la peau ne subit pas les traitements agressifs du tannage. La peau est mise à gonfler dans un bain de chaux. La laine peut être épilée mécaniquement, puis la graisse résiduelle est éliminée également mécaniquement en raclant la peau.

Ensuite la peau est tendue sur un cadre. Les parchemins d’art sont tendus avec des ficelles, les parchemins de 2ème catégorie sont plutôt tendus sur des ovales. C’est à ce stade que la peau commence à être étirée pour aligner les fibres et donner sa solidité au parchemin.

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Alors commence le travail d’écharnage et d’essorage côté interne et le travail de lissage côté externe de la peau pour repousser les bulbes des poils et rendre la peau le plus lisse possible. Et vient encore un étirage avant le séchage !

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Tout ce travail est très technique et très physique. Lorsque la peau est prête, toute la vie de l’animal apparait : on peut voir, ici la trace de la vaccination, là les piqures d’insectes, on peut même voir si l’animal a été trop abondamment nourri, sous la peau apparaissent alors les traces des veines !

Là encore nous aurions pu rester longtemps à écouter Jean-Charles Bavouzet, mais chacun a ses obligations et nous rejoignons notre guide près de la fontaine sur la place de la République pour une visite de la ville de Levroux.

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Levroux était  sur la route des pèlerins de St Jacques. Elle a été fortifiée au 15ème siècle pour se prémunir des brigands et des guerres. La ville comportait trois portes : porte de l’étang, porte du cimetière et porte de Champagne. Elle abritait un hôpital soignant les maladies de peau (dont la lèpre) qui aurait été à l’origine de son nom : Vicus Leprosus – Levroux.

Nous nous dirigeons vers l’ancienne léproserie. Dans les rues de la ville médiévale, des poulies accrochées au sommet des lucarnes permettaient de monter les sacs au grenier. La léproserie date du 16ème siècle, elle recevait, et était sensée guérir, les malades en particulier ceux de la peau. Pour cette tâche, l’hôpital recevait l’aide des reliques de Saint Sylvain dans l’église toute proche. Pendant leur séjour,  les hôtes devaient travailler pour l’hôpital, ce qui généra des conflits entre l’hôpital et l’abbaye de Déols.

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Un peu plus loin, la « maison de bois » date du 15ème siècle ; elle a appartenu à Marie de Médicis. Elle servait de halte pour les pèlerins. Les poteaux d’huisserie sont magnifiquement sculptés.  La statue, l’homme sauvage, pourrait représenter un malade de la peau.

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L’église, la Collégiale Saint Sylvain, date du 13ème siècle ; le porche monumental représente le jugement dernier mais les statues ont été décapitées lors des guerres de religion.

L’intérieur, de style gothique est majestueux. Dans le chœur se trouve des stalles en bois sculpté avec des miséricordes.Elles étaient destinées aux chanoines qui s’occupaient de l’église. A l’arrière domine un magnifique orgue. Au fond de l’église également, une chaise marquée d’une croix rouge : c’est la chaise du bourreau.

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La porte sud de l’église était réservée à l’entrée des lépreux.

A l’extérieur, entre les toits des chapelles on aperçoit une statue de sainte Rodène qui avec saint Sylvain et saint Sylvestre évangélisèrent la région.

Sur la petite place, le berger couché sur le ventre est une œuvre d’Ernest Nivet, célèbre sculpteur berrichon, originaire de Levroux et élève de Rodin. Auparavant cette statue avait son pendant : le berger couché sur le dos  qui lui faisait face. Mais cette dernière statue, en bronze, est maintenant à Châteauroux. Ernest Nivet est également l’auteur de nombreux monuments aux morts (dont celui de Levroux),ils  sont en général moins guerriers que la moyenne !

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Nous retournons maintenant vers la porte de Champagne qui fait face à la champagne berrichonne. Elle est bien restaurée et marque aujourd’hui la limite entre la partie médiévale et la partir moderne de la ville.

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Ainsi se termine cette riche journée de visite, passionnante, avec quelques découvertes marquantes.

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M
Très bel article. Félicitations
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C
Merci Françoise.<br /> Souvenir d'une belle journée !