Découverte d’un moulin à papier : le moulin du Got, puis Vassivière

Publié le par chateaumeillant-nature.over-blog.com

Départ à 7h de Châteaumeillant ce 13 septembre, après un arrêt café/petits gâteaux, à 9h45 nous arrivions au moulin du Got à St Léonard de Noblat. Ce nom de moulin du Got ne doit rien au passage d’un quelconque Wisigoth, Ostrogoth ou autre Goth mais tout simplement au gué qui se trouvait sur la rivière près du moulin.

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Ce moulin est un moulin à papier comme il en existait beaucoup dans cette région (27 à St Léonard de Noblat, parait-il) tous ont disparu …sauf celui-ci qui a été sauvé de la ruine, racheté par la commune. Il est maintenant géré par une association pour la fabrication de papier artisanal et pour les visites (la fabrication de papier essentiellement l’hiver, les visites essentiellement l’été).

Le moulin date du 15ème siècle et a fonctionné jusqu’en 1954. Il a été remis en état avec son équipement des années 50. Au 15ème siècle le moulin traitait surtout des vieux tissus de chanvre ou de lin. Ces tissus étaient déchiquetés par des marteaux munis de pointes (imaginez le bruit !) puis mis à se décomposer dans des cuves (imaginez l’odeur !) pour obtenir une pâte. Cette technique est toujours utilisée. Pour cela, outre lin et chanvre tous types de fibres végétales peuvent être utilisées : coton, paille de seigle mais aussi fanes de carottes, asperges, poireaux…

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L’autre source pour la fabrication de la pâte à papier est le recyclage. La papier humidifié est déchiqueté par une meule comportant des trous qui en tournant applique une torsion au matériau et permet d’obtenir la pâte.

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Ainsi a vécu le moulin jusqu’en 1954. La dernière production était le carton bouilli qui a permis de fabriquer des têtes de poupée et la fameuse valise en carton ! Lorsque ces fabrications ont été obsolètes, le moulin s’est arrêté.

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Aujourd’hui,  l’association ne fabrique plus de carton bouilli mais se concentre sur la fabrication de feuilles de papier.  La pâte est déposée sur un tamis de laiton, si on souhaite un filigrane celui-ci peut comporter un dessin, ensuite la pâte s’égoutte. Le grammage du papier qui sera obtenu dépend essentiellement de la concentration de la pâte. Nous retrouvons le filigrane sur le papier. Maintenant il reste à le faire sécher, alors nous montons au séchoir !

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Ici sont présentées des feuilles de papier réalisées à partir de différentes origines : carottes, asperges, radis … et différentes couleurs pour le papier recyclé.

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A cette fabrication de papier, l’association a associé une imprimerie qui à l’origine n’existait pas. Elle a été installée dans l’ancienne demeure du propriétaire. On y retrouve une imprimerie avec les caractères mobiles en plomb, chacun ayant sa place bien précise dans le casier à caractères : les majuscules classées par ordre alphabétique et les minuscules classées selon leur fréquence dans la langue française. Pour que l’impression se fasse dans le bon sens les caractères doivent être placés de gauche à droite mais la tête en bas, d’où le petit jeu pour lire le mot sur les caractères en plomb.

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Mais le clou de cette imprimerie est la linotype mise au point en 1884 par Otmar Mergenthaler. Cette machine est fantastique : en tapant sur une ligne de texte sur le clavier la machine met en place les moules des caractères pour l’impression, ensuite elle coule du plomb fondu dans les moules pour réaliser la ligne de texte et elle va même jusqu’à remettre en place les moules après utilisation ! Ce type de machine a été utilisé jusqu’à l’apparition de l’informatique.

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Il ne reste plus qu’à imprimer. Nous trouvons une presse à cylindre Original Heidelberg. Cette presse date de 1949 et les pièces de rechanges sont toujours disponibles !

Avec ce matériel, le moulin du Got imprime divers objets : cartes de visite, cartons d’invitation … et même le ticket d’entrée au moulin.

Une très belle exposition mettant en correspondance le papier et les arts du feu est présentée dans le grenier, nous n’aurons pas réellement le temps de la visiter mais nous avons remarqué des porcelaines réalisées par empreinte de papier smock, des porcelaines-papier : l’ajout de fibres dans la porcelaine permet des formes tout en finesse et à la cuisson une structure microporeuse se développe.

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Il est bien sûr possible d’acheter des feuilles de différentes caractéristiques notamment pour une utilisation artistique (aquarelle par exemple).

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Après cette passionnante visite nous reprenons le car pour le lac de Vassivière.

Après un excellent repas au bord du lac (ah la tarte aux myrtilles !) nous attend une reposante balade en bateau sur le lac.

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Le lac de Vassivière c’est mille hectares de choses tranquilles entre Creuse et Haute Vienne résultant d’un barrage sur la Mauldre et alimentés par 3 ou 4 autres sources. Toutes les rives appartiennent à EdF ou au Conservatoire du littoral et la construction de nouveaux bâtiments est interdite mais des équipements touristiques ont été aménagés : ports, campings, plages...

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Plusieurs iles agrémentent ce lac dont l’ile aux serpents où ceux-ci se sont réfugiés lors de la mise en eau du barrage, l’ile de Vassivière, la plus grande, reliée à la terre ferme par deux ponts et qui comportait à l’origine deux fermes en activité, dont un château. Aujourd’hui c’est un centre d’art contemporain. Nous découvrirons certaines statues implantées sur la rive.

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Après une bonne heure de balade digestive commentée par un fin connaisseur du lieu nous reprenons le car et à 18h45 nous étions de retour à Châteaumeillant.

Un grand merci au chauffeur du car qui a bien pris soin de nous, pensant notamment aux  plus fragiles.

Malheureusement cette passionnante découverte n’a été suivie que par 29 personnes, c’est un peu dommage !

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